Martin Vaissie photographe

 

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A propos de Martin Vaissié

Quand le délabrement devient une 5ème dimension et que des ruines dévoilent leur âme, le sujet n’est plus image mais pure émotion.
Martin, qui vibre davantage au vu de bâtiments en perdition que sous le regard enjôleur de la Joconde, ne voit pas de paysages ou d’objets. Son regard ne perçoit dans chaque lieu que sa personnalité dans toute sa singularité, pathétique ou grandiose.

Quel paradoxe entre l’indifférence qui conduit des bâtiments vers un inexorable néant et leur magnifique présence. Ce décalage, mis en relief par l’objectif, confère au bâtiment une deuxième vie à travers la photo. Un moment de vérité ultime. Et éternel.

C’est toute l’histoire d’un parcours. Depuis sa naissance à Toulouse en 1988, dans le sud de la France, Martin cultive l’amour de l’image. A moins qu’il n’en soit prisonnier ?
Dessiner, peindre ou modeler, peu importe dès cet âge l’expression donnée à sa créativité, sa main a toujours scrupuleusement obéi à son oeil. Ou à son esprit.

Le passage par une école d’effets spéciaux à la fin des années 2000 permet à Martin d’ajouter une corde technique à son arc. Cette expérience se conclut par la participation à la réalisation d’un court-métrage très remarqué et ayant suscité beaucoup d’intérêt outre-atlantique.
Heureusement, la technique – une fois acquise – est pudique et sait se faire oublier quand elle est devenue votre amie.
Comme l’oeil de l’objectif, en ligne avec celui de Martin pour saisir sur le vif l’humeur de l’instant au naturel.

C’est ce que Martin apprécie le plus dans la Photographie : cette capacité de création immédiate qui permet de se concentrer sur l’essentiel, la composition et la lumière, pour donner vie à l’endroit en l’embrassant du regard. Comme un premier amour improvisé où l’intuition de la belle rencontre prend le pas sur la raison et la technique.
Il est toujours temps, ensuite, dans le calme retrouvé, de retoucher et parfaire la sensibilité de l’image initiale pour lui donner la maturité de l’oeuvre. Et révéler l’essentiel.

Car l’essentiel est souvent une impression fugace, un fantôme de réalité. Et Martin a une passion pour ces fantômes. Pas ceux qui font semblant de hanter d’improbables demeures. Non. Ses fantômes préférés sont ces espaces temps laissés pour compte de la vie ordinaire, abandonnés, oubliés et pourtant si présents.

Tellement présents qu’il émane de ces instantanés une atmosphère tendrement nostalgique, comme une poésie du souvenir, vestige d’une humanité fragile aux activités évanouies.
Cette rédemption de lieux maintenant hors d’âge mais témoins d’un ailleurs procure à Martin un sentiment de satisfaction personnelle et de devoir accompli qui confine à la plénitude.
Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement quand une beauté que l’on n’attendait plus surgit au détour d’un éboulis ou d’une voûte ouverte sur un horizon infini ?

Entre démarche picturale et cinématographique, ces grands oubliés aiment prendre la pose pour l’objectif de notre artiste en lui offrant l’opportunité de l’esthétique picturale particulière qu’il affectionne, très plastique et souvent symétrique.
Les photos de Martin se délectent en effet de ces ambiances de fin de règne ou de crépuscules de civilisation. Elles s’appuient sur ces miettes de notre mémoire collective pour en extraire une ambiance non conventionnelle. Celle de la fatigue de lieux dont le visage a depuis longtemps oublié toute trace de maquillage.

Mais conservé la beauté.